Auteur/autrice : clotildececiledubois

Les latinistes vous parlent de leur option

Les latinistes de première vous expliquent de vive voix ce qui leur plaît dans notre cours: bonne écoute!

 

 

Entre parenthèses au théâtre de la Colline – critique théâtrale des 1ère latin

La pièce de théâtre Entre parenthèses écrite par Pauline BUREAU est tirée d’une histoire vraie. L’œuvre dont s’est inspirée Pauline Bureau est une œuvre autobiographique d’Adelaïde Bon. Ce roman se nomme La petite fille sur la banquise (2018).
Ce livre parle de la jeune Adélaïde (donc l’autrice n’utilise pas un autre nom pour parler d’elle même et donne la vérité crue), qui a été violée sur les marches d’escalier de son immeuble et puis a été laissée vide, en pleurs mais surtout mutique. Vingt ans après, elle reçoit un appel de la brigade des mineurs. Une enquêtrice a rouvert son affaire, classée, et l’ADN désigne un cambrioleur bien connu des services de police. De 1983 à 2003 il a violé 72 jeunes filles mineures, plus les centaines de petites filles qui n’ont pas pu déposer plainte.
En 2016, au Palais de justice de Paris, au côté de 18 autres femmes, Adélaïde confronte le violeur en série qui a détruit sa vie. Au début du récit, Adélaïde Bon écrit une dédicace à « la docteure Muriel Salmona », qui est la psychologue qui apparaît dans la pièce, ainsi que « l’enquêtrice au long cours ». Dès les premières pages, l’autrice évoque « le sachet en papier blanc des carambars et le pot de flocons pour poissons rouges qu’elle avait posé sur le coin nu d’une marche », qui sont également évoqués lors du moment où Alma, dans la pièce de théâtre, raconte le moment de son viol. Les rêves brusques et le fait que l’héroïne mange plus que d’habitude sont également des points communs entre le roman et l’adaptation théâtrale qui apparaissent dès le début : dans les premières pages pour le récit et dans les premières minutes pour la pièce de théâtre. 
Après Neige, Pour autrui et Dormir cent ans présentés à La Colline, Pauline Bureau poursuit son exploration des liens entre intime et politique 
‌Le récit d’Adelaïde a été publiée en 2018 durant la période du mouvement MeToo. Le mouvement MeToo est apparu en 2017/2018. Le mouvemet #MeToo est un mouvement social encourageant la prise de parole des femmes, dans le but de faire savoir que le viol et les agressions sexuelles sont plus courants que ce qui est souvent supposé, et de permettre aux victimes de s’exprimer sur le sujet (comme c’est surement le cas pour Adelaide Bon).


Ambre et Aljazi

Durant la pièce Entre parenthèses, l’héroïne, Alma, a subi dans son enfance un viol de la part d’un inconnu. Ce viol, élément central de la pièce n’est au début pas perçu comme tel par la protagoniste et est constamment remis en question par différents personnages de la pièce. Parmi ces personnages, on retrouve notamment l’experte psychiatre, qu’Alma rencontre avant le procès pour juger l’agresseur. Cette psychiatre, sciemment écrite comme insupportable, est l’archétype de la société actuelle, cherchant en permanence à douter de la véracité du récit d’Alma. Dans cette idée, lors de leur tête à tête, elle va plusieurs fois s’amuser de la situation en faisant des piques d’humour peu adaptées à la situation. Elle va par exemple minimiser ce qu’est un viol en voulant faire croire à l’héroïne qu’après tout, ce n’est pas si grave. Cette femme qui donc à première vue fait grincer des dents, provoque pourtant l’un des seuls rires spectateur de la pièce grâce au caractère très direct de ses paroles.

Sacha et Cédric

Jeu de lumière et bande son de la pièce entre parenthèses
Le jeu de lumière est omniprésent  dans cette pièce. Elle pose l’ambiance et délimite les différents décors. Le décor est divisé en deux  grandes parties séparées grâce aux jeux d’éclairage. La partie gauche du décor correspond à la maison d’Alma le personnage principal. Tandis que la partie droite du décor correspond au commissariat de la brigade des mineurs. La lumière suit l’action de la pièce. Son intensité varie selon l’intrigue et l’atmosphère que veut renvoyer Pauline Bureau la metteuse en scène.
 Pendant la pièce, il y a plusieurs retours dans le temps. Ils sont annoncés par l’écran situé au milieu du décor. Sur cet écran, des écritures s’affichent comme des dates ou des textes pouvant situer la scène dans le temps. Au milieu de ce même décor, une alcôve est découpée dans le fond et servira de pièce en plus montrant l’intimité des personnages. Par exemple, lors d’une fringale nocturne d’Alma, on la voit manger un pot de Nutella en cachette. Dans cette même alcôve le jeu de lumière est important avec l’utilisation des ombres pour montrer le côté secret de ces personnages. L’utilisation de l’ombre dans l’exemple précédent peut montrer la honte du personnage.

Pendant toute la durée de la pièce, on peut entendre une sorte de bruit de fond similaire à un bourdonnement.  Il crée une atmosphère pesante qui rend mal à l’aise les spectateurs. Lors de moments choquants ou importants, la musique tendra plus vers les aigus jusqu’à arriver à un sorte de sifflement d’acouphène.
En conclusion, l’atmosphère de la pièce pesante et oppressante est renvoyée par l’éclairage tamisé, les décors avec l’alcôve et la bande son rendant mal à l’aise les spectateurs.
 
Antoine et Simon 

Dans la pièce Entre Parenthèses de Pauline Bureau, les écrans occupent une place essentielle dans la mise en scène et participent pleinement à la compréhension de l’œuvre par les spectateurs. Ils ne servent pas uniquement de décor moderne, mais deviennent un véritable outil narratif et émotionnel.
En effet, les projections numériques permettent de matérialiser les traumatismes et les souvenirs de la jeune fille. Grâce à des images volontairement floues et à une résolution abaissée, un effet de « grain de vieillesse » apparaît, donnant l’impression de souvenirs lointains, presque effacés par le temps. Ce choix visuel traduit parfaitement le brouillard de l’esprit du personnage, son mal-être intérieur ainsi que la difficulté à distinguer clairement le réel de ses pensées.
 
Par ailleurs, les écrans jouent également un rôle important dans la création de l’ambiance scénique. Selon les scènes, ils peuvent renforcer la tension dramatique, installer une atmosphère oppressante ou au contraire accompagner des moments plus calmes et introspectifs. Les variations de lumière, de couleurs et d’images projetées influencent directement les émotions ressenties par le public.
Enfin, cette utilisation du numérique apporte une dimension contemporaine à la pièce. Elle rapproche l’univers scénique du monde actuel, où les écrans occupent une place omniprésente dans notre quotidien. Ainsi, Pauline Bureau réussit à mêler innovation visuelle et profondeur psychologique, faisant des écrans un élément central de la mise en scène.

Ethan et Martin

Analyse sur le symbole de la brume
La pièce Entre parenthèses est une œuvre théâtrale qui aborde avec poésie le traumatisme d’une blessure enfouie et taboue de l’enfance : le viol d’une jeune fille. Le public est accueilli dans une pièce aux murs recouverts d’un papier peint chaleureux, dont les fenêtres ne donnent sur rien d’autre qu’un espace sombre et brumeux. Facile à manquer, ce détail revêt pourtant une grande importance dans la mise en scène. Alma est une femme accomplie, enceinte de son premier enfant, lorsqu’elle reçoit un appel de la brigade des mineurs qui lui parle d’une plainte pour attouchement qu’elle avait déposée quand elle était alors âgée de 9 ans, bien don(t elle ne s’en souvient pas. Et pourtant, ce souvenir l’a marquée de plus d’une façon : difficultés à se reconnaître, des crises boulimiques, des pensées suicidaires…. Elle est obligée d’analyser à nouveau toutes ses bizarreries qui la définissent. Comment exprimer ce passé qui l’a hantée, que son subconscient lui a permis de fuir pendant si longtemps ? La scénariste Pauline Bureau a illustré cette idée à travers une métaphore poétique : une ombre dans la brume. La brume prend une dimension symbolique forte, elle représente l’état de confusion dans lequel se trouve Alma. Au début de la pièce, tout est assez flou, comme si le souvenir était encore enfermé au plus profond d’elle-même, c’est inaccessible, presque irréel. Cela traduit donc l’effacement du traumatisme, mais aussi la difficulté à nommer ce qui a été vécu. La brume devient l’image d’une mémoire brouillée, que le personnage n’arrive pas encore à retrouver clairement.
Alma est réveillée en pleine nuit par la silhouette d’une fillette qu’elle ne reconnaît pas, rendue indiscernable par la brume. En ignorant cette petite fille, Alma s’enfonce dans une spirale descendante, et ses crises d’insomnie ainsi que ses pensées suicidaires deviennent plus en plus fréquentes et plus intenses. En réfléchissant à toutes les façons dont elle avait été brisée Elle prend alors rendez-vous avec un psychologue qui lui permet de regagner la force et le courage d’aller rencontrer les enquêtrices. Elle est prête à aller de l’avant, à se battre, et c’est à ce moment-là que la brume se lève, révélant une petite fille en robe rouge ; Mais Alma n’est pas la seule dans cette reconstruction. Autour d’elle, les enquêtrices, les autres victimes et les mères forment un réseau de solidarité. Ensemble, elles mènent l’enquête et préparent le procès contre Giovanni Costa, l’homme qui leur a fait tant de mal. Ce combat est collectif.
En conclusion, Entre parenthèses révèle avec force la mémoire traumatique longtemps tue, la lutte des femmes et la sortie du silence imposé après des années d’oubli. C’est à travers le personnage d’Alma et des autres victimes de Giovanni Costa que Pauline Bureau nous pousse à prolonger cette réflexion essentielle : comment, face à ces blessures passées et invisibles, mieux écouter, mieux accompagner et enfin mieux juger ?

Nahida SAID SALIM, Kaycee ESPINOLA 


Ce qui nous a également particulièrement plu dans la pièce est le fait que les « phobies d’impulsion » soient évoquées, expliquées et traitées comme étant un sujet important. Il est rare que celui-ci soit abordé que ce soit en général où spécifiquement dans le cadre d’antécédent d’agression sexuelle. 
Dans la pièce, alors qu’Alma a accouché, elle se retrouve seule chez elle avec son nourrisson dont elle s’occupe. Seulement, arrive le moment où elle doit changer sa couche, mais des pensées intrusives la paralyse, elle est contrainte d’abandonner cette tâche pour le moment et de ne pas le changer.
Plus tard, lorsqu’elle rencontrera une psychologue spécialiste des violences sexuelles, elle lui en parlera et celle-ci lui répondra qu’il est tout à fait normal qu’elle puisse ressentir cela par moment, que ces pensées intrusives s’appelaient des phobies d’impulsion et qu’elle ne la définissait pas. D’après elle, c’est son agresseur qui parle, c’est lui le monstre, elle doit se battre contre ces pensées qui ne lui appartiennent pas. Alma est alors soulagé car elle se sentait infiniment coupable de ressentir cela. Nous avons trouvé cette scène touchante car elle pouvait rassurer de nombreuses personnes vis à vis de potentielles pensées intrusives qu’elle ait pu ressentir. 
Nous notons d’ailleurs, que ces phobies d’impulsion ne sont pas uniquement fréquentes chez les victimes de viols ou d’agression sexuelles mais également chez de nombreux parents, notamment les mère durant leur post-partum. Après la naissance d’un bébé, s’en occuper peut faire réaliser aux parents que ce petit être est entièrement entre leurs mains, que sa vie dépend d’eux, cela peut faire très peur et ces personnes peuvent s’imaginer les laisser tomber des escaliers, les noyer en les douchant ou pleins d’autres choses. Ce phénomène et naturel et fini par passer, nous trouvons de ce fait la pièce admirable pour avoir expliqué aux spectateurs ce qu’est cet horrible sentiment et pour avoir pris le temps de nous rassurer sur ce sujet bien trop peu abordé généralement.

 Aljazi et Asmaa.

Le point de vue scientifique et la justification du titre :
Nous avons apprécié le fait que la pièce ne soit pas uniquement centrée sur le point de vue d’Alma mais aussi sur ses relations familiales et la façon dont chacun a vécu la situation. A cela s’ajoute une explication scientifique du viol et du traumatisme qui en découle, permettant au spectateur de disposer de faits avérés et incontestables sur ce sujet.
La mère d’Alma a notamment joué un rôle très important dans la guérison de sa fille. Après son viol, Alma a pu se confier à ses parents, à l’écoute, et avoir une consultation médicale. A l’issue de celle-ci sa mère découvre que sa fille a véritablement été victime d’un viol, puisqu’entre les jambes de sa fille, un écart semblable à des parenthèses s’est dessiné.
Le titre de la pièce, « Entre parenthèses », peut justement être perçu de différentes façons. Voici quelques interprétations que nous avons trouvées :
Premièrement, « entre parenthèses » peut être vu comme une manière de minimiser l’acte subi. La justice et certaines mentalités, notamment celle de l’experte psychiatre dans la pièce, prennent à la légère ce sujet sensible.
Deuxièmement, du point de vue grammatical, les parenthèses permettent de mettre des éléments de la phrase à part, comme la société le fait au sujet du viol et de ses syndromes post-traumatiques.
Troisièmement, du point de vue mathématique, les parenthèses apportent la priorité à une opération. Dans notre contexte, on peut interpréter cette image comme la priorité qu’Alma met sur son rétablissement et sa santé mentale après son viol, plutôt qu’à la recherche de cet homme qui lui a fait du mal. Ce peut également être le choix des policières de la brigade des mineurs d’enquêter de nouveau sur de vieilles affaires non élucidées appelées des « cold cases ».
Le titre peut également signifier un moment en marge de sa vie. En effet, cet évènement traumatisant de son enfance n’a refait surface que vingt quatre ans plus tard. Pendant toute cette période Alma n’y pensait plus, et une fois le procès terminé, elle a repris sa vie, s’est relevée et a réussi à tourner définitivement la page, fermant enfin la parenthèse de cette histoire. L’enquête est de plus menée en parallèle de la vie d’Alma et la mise en scène permet au spectateur de visualiser très clairement ces deux aspects.
Enfin, comme énoncé précédemment, les parenthèses sont une métaphore des conséquences du viol d’Alma, utilisée par la mère pour expliquer l’image bouleversante qui l’a hantée depuis cette fameuse consultation médicale.

Exposition Zombis au musée du quai Branly

Bonjour,
Aujourd’hui, on vous présente l’exposition Zombis du musée du Quai Branly qui se trouve à Paris. Nous nous sommes rendus sur place pour notre chapitre de Latin sur l’esclavage et pour en apprendre plus sur ce sujet. C’était aussi une occasion de découvrir les origines et les significations des Zombis.
Cette image, à la fois fascinante et inquiétante, nous pousse à réfléchir. Le Zombi vient des croyances vaudou et du syncrétisme, un mélange de plusieurs religions. Ici, on parle d’un culte vaudou d’Afrique, mélangé aux pratiques des peuples caraïbes et au christianisme. Le vaudou est apparu au XVIIe siècle, pendant l’époque de l’esclavage.
L’exposition parle des vraies origines des Zombis à Haïti. On y découvre des objets et des histoires qui montrent un lien profond avec la spiritualité vaudou. Cette culture est pleine de symboles et de significations (mélange les pratiques spirituelles). Mais on ne sait pas tout sur le vaudou, car le commissaire de l’exposition, Philippe Charlier, n’a pas voulu révéler tous les secrets. C’est une religion avec ses croyances, ses mythes et ses rites que seuls les croyants connaissent. Ce sont surtout ceux qui ont « été zombifiés » qui savent tout sur ces secrets.
On peut donc oublier l’image des Zombis verts qu’on a souvent dans la tête grâce à cette exposition.

Bonne lecture à vous !
Les Secondes de Latin

La religion vaudou à Haïti

Dans la religion vaudou, il y a un dieu nommé le grand maître, cependant il n’apparaît entièrement sur aucune représentation (tableaux, dessins…). En effet, on ne peut apercevoir que sa main, voire son doigt.

En dessous du grand maître, dans la hiérarchie vaudou, se trouvent les esprits, appelés les Loas. Durant l’exposition, nous avons appris que le Loa de la mort était le Baron Samedi. Il est représenté habillé d’un costume violet et d’un pantalon noir, de plus il est souvent accompagné de sa femme : Maman Brigitte. Chaque Loa possède un symbole, aussi appelé « Vévé ». Le Baron Samedi et Maman Brigitte sont respectivement représentés par un carrefour, très important lors des enterrements vaudous, et un cœur.

En ce qui concerne les temples vaudous, ils sont construits autour d’un poteau mitan. Lors des cérémonies religieuses vaudous, les prêtres tournent au rythme des tambours, propres à chaque Loa, jusqu’à entrer en transe. La liaison entre le prêtre et le Loa est établi grâce au poteau mitan : le prêtre monte tandis que le Loa descend.

Cédric et Sacha

Sociétés secrètes et rituels mortuaires
Depuis le XVIIIeme siècle, de nombreuses sociétés secrètes sont présentes à Haïti. La plus connue d’entre-elles est la société Bizango.
Elle est reconnaissable grâce à ses habits de couleur rouge, noire et blanche.
Ce sont les membres de cette organisation qui organisent la zombification. Avant cette opération le coupable a rendez vous avec les membres de la société Bizango. Derrière eux l’armée des ombres est composée de fétiches eux-mêmes composés de vrais crânes, de miroirs (pour renvoyer les mauvais sorts), des bouteilles de rhum à la place des pieds (pour emprisonner l’âme végétative et intellectuelle).
A Haïti, les enterrements ne sont pas comme les enterrements européens. Ils sont joyeux et festifs, on y joue de la musique et il y a souvent de grandes fêtes. Ils font cela puisqu’il sont beaucoup en contact avec les esprits.
Simon, Ethan, Martin

La zombification, comment ça marche?

Les Haïtiens se retrouvent devant l’assemblée des Bizango seulement s’ils ont commis un crime grave : notamment le meurtre, le viol, ou le vol de terre. Une fois l’un d’eux commis, ils se font zombifier par les membres de la société Bizango. Mais comment cela se produit-il alors que cette pratique est illégale ? Comment procèdent-ils ?

Suite au 7e jugement, en attendant de commencer le processus de zombification, le Bokor (sorcier appartenant à la société secrète Bizango) s’empare d’un élément de l’Homme jugé (des cheveux, un ongle, une terre sur laquelle il a marché, etc) et l’insère dans une poupée vaudou. Il se rend ensuite dans un cimetière et cloue la poupée à un arbre appelé « Arbre à Sortilèges » afin de sceller le sort. Une fois scellé, le sort empêche le criminel de commettre d’autres crimes ou actes nuisibles à autrui. Avant de sortir du cimetière, le Bokor accroche une chaise en bois miniature sur une branche de l’arbre. Symboliquement, les esprits s’assoient sur la chaise, de ce fait, ils ne suivent pas le Bokor à l’extérieur du cimetière.

Le Bokor peut alors débuter la préparation de sa mixture, là commence le processus de zombification. Dans cette préparation il introduit des éléments d’abord inutiles, dont l’intérêt est uniquement symbolique comme des ossements broyés et des cendres de cimetière. Il ajoute ensuite un poison extrêmement puissant la tétrodotoxine, celui du poisson globe (appelé à Haïti « poisson Fugu »). Ce poison, s’il est parfaitement dosé, ne tue pas mais plonge la personne dans un état de mort apparente. Le cœur ralentit, et l’individu est conscient de tout ce qui se déroule autour de lui mais parait comme mort pour autrui. Enfin, de la bave de crapaud est ajoutée, au contact de la peau elle gratte énormément. La victime de cette mixture se grattera donc et laissera passer le poison dans son corps. Ce mélange est confié à un proche du criminel pour qu’il le dépose dans un vêtement ou dans les chaussures de celui-ci qui sera très rapidement empoisonné. On note qu’à Haïti les certificats de décès sont signés par la 1ere personne qui découvre le corps et non un médecin comme en France. Le Bokor s’assure donc d’être dans les environs au moment de l’empoisonnement pour le signer. A Haïti, les enterrements sont faits le jour même, le criminel est donc enterré dans la journée bien qu’il soit vivant. La nuit qui suit, le Bokor déterre le criminel, le fouette en symbole d’esclavage et lui fait consommer un antidote pour que le poison ne finisse pas par réellement le tuer. Par la suite, il lui donne à manger un régime sans sel qui lui créé un œdème cérébral (rend ses mouvements lents ainsi que sa réflexion), il n’est plus maître de ses décisions, il devient littéralement zombie et esclave du Bokor, telle est la punition des criminels à Haïti.

Le record d’années passées zombifiées est de 40 ans, ce qui nous montre que beaucoup peuvent en être victimes durant des années sans que personne ne s’en doute. Afin d’être dézombifié, il faut que le Bokor décède. Clairvius Narcisse est un homme qui a été victime de la zombification, par chance, deux ans plus tard, son Bokor est décédé. Il s’est remis peu à peu à manger des aliments salés et a retrouvé son état normal. Il a ensuite attendu la mort de son frère (qui l’avait dénoncé à la société Bizango car il avait volé ses terres) afin qu’il ne le dénonce pas de nouveau s’il se remontrait. Une fois son frère mort, il raconta son histoire et témoigna au monde entier. Il servit même aux scientifiques de découvrir comment certains Haïtiens se faisaient zombifier (tétrodotoxine, régime sans sel).

Aujourd’hui, cette pratique est moins répandue mais on estime que 5% de la population Haïtienne est zombifiée. Ce pourcentage inclut les 4 types de zombies :

  • Le zombie classique : ceux vus précédemment ayant commis un crime grave et été zombifiés suite au jugement de la société Bizango.

  • Le zombies criminel : ce sont des personnes qui posent soucis à quelqu’un (une belle-mère et sa belle-fille par exemple). Afin de s’en débarrasser l‘individu va payer un Bokor pour zombifier celui qui lui pose problème.

  • Le zombie psychiatrique : c’est une personne qui a un trouble psychiatrique, elle est persuadée d’être un zombie alors qu‘elle ne l’est pas

  • Le zombie social : en raison des catastrophes météorologiques à Haïti, beaucoup de personnes utilisent le contexte de zombification pour reconstruire leur famille, ce sont des zombies sociaux. (Un homme ayant perdu toute sa famille par exemple et une famille ayant perdu un des leur se reconnaîtront comme une seule et même famille. Une illusion réciproque se fait, l’orphelin comme zombifié prend l’identité du membre que la famille a perdu)

Al Jazi, Asmaa, Ambre

Les liens de ces créatures terrifiantes à la peur de l’esclavagisme.

Les zombis, figures fascinantes et terrifiantes, trouvent leurs origines dans les horreurs de l’esclavage raciste qu’a subi Haïti. Ce monstre si présent dans le cinéma moderne, puise ses racines dans la religion vaudou, dont les mots et les croyances sont hérités, notamment le terme « nzambi », signifiant « esprit », qui a évolué pour devenir « zombi ». Mais comment ?

Dans la religion vaudou, les morts retournent au royaume du Bénin, cela découle des croyances des populations africaines arrachées à leurs terres d’origine et traditions, à cause de l’esclavage.

Avant, pour les populations Béninoises et Congolaises, l’idée d’un esprit sans corps incarnait encore à l’époque une peur fondamentale. Selon eux, comme la mort d’un enfant était considérée comme contre-nature et effrayante, les folklores de ces pays racontent que les esprits des enfants décédés menaient une existence spectrale, destinée à errer et tenter d’entraîner d’autres enfants dans la mort.

Après le traumatisme de l’esclavage qu’a subi Haïti, cette névrose collective s’est transformée en une peur, non pas de demeurer un esprit sans corps mais plutôt d’être réduit à un corps sans esprit, de retourner au stade d’un simple esclave, de se transformer en un zombi.

On peut voir ce lien à la façon dont les zombis étaient traités comme l’étaient les esclaves : ils mangeaient à même le sol sur des feuilles de bananiers, portaient pour certains les mêmes menottes utilisées pour des esclaves, étaient soumis à un régime et faisaient des tâches agricoles très dures.

Le zombi haïtien incarne l’angoissante image d’un corps vidé de son esprit, réduit à un outil servile, l’écho tragique d’un passé marqué par la déshumanisation.

Kaycee et Nahida

 

Et au cinéma?

La figure des Zombis est apparue au cinéma en 1968. Avec le temps, la manière de représenter les Zombis a changé, comme dans le film Zombie Child. Dans ce film, le mot « Zombi » a une autre signification : il sert à parler des épidémies, pour que le sujet soit plus actuel. Cela permet aussi qu’on comprenne mieux, qu’on se mette à la place des personnages et qu’on ressente de la peur. Ce film français est sorti en 2019 et a été réalisé par Bertrand Bonello, un réalisateur français.
Le film est inspiré de la vie de Clairvius Narcisse, un Haïtien drogué avec une substance spéciale. Après avoir été déclaré mort en 1962, il aurait vagabondé comme Zombi et esclave. Ce cas avait déjà été raconté dans un autre film, L’Emprise des ténèbres, réalisé en 1988 par Wes Craven.

 

Capucine, Lily-Grace, Sérine

Masculin/féminin : une visite au musée du quai Branly

 ‌Bienvenue à toutes et à tous dans un nouvel épisode du journal du lycée ! Aujourd’hui nous allons aborder les différences qu’il y a entre le genre social et le sexe biologique, au travers de mythes issues de quatre continents. A la suite d’une visite dans le musée du quai Branly le 14 novembre 2023 nous avons pris conscience de la différence et partageons nos connaissance.
Tout d’abord nous remercions Marianne, notre guide mais aussi la créatrice de cette exposition de nous avoir présenté 
ses différences culturelles toutes aussi surprenantes que envoutantes les unes des autres.

Premièrement nous allons voyager en Océanie et plus précisément en Papouasie Nouvelle-Guinée, dans le peuple des Sepik qui se base sur un modèle patriarcal matrilinéaire.  Ensuite nous nous dirigerons au Moyen Orient au Yémen, ou les mariages exogames et endogames sont présents. Par la suite nous continuerons notre périple chez les touareg en Afrique, spécialiste dans l’égalité homme-femme et chez les Yoruba ou les femmes luttent contre les violences faite envers les femmes. Pour finir notre aventure culturelle nous irons jusqu’en Alaska chez les Inuites ou le sexe n’est pas définis par la naissance.
Bon voyage à tous !!!

L’exemple de la société des Inuits, en Alaska

Comme l’a dit Edgar Morin, « L’espèce humaine est une, mais elle est une dans un double sens, à la fois séparée et unie par le masculin et le féminin ». Nous allons justement aborder cette question de masculin féminin dont nous avons vu divers exemples chez différentes civilisations anciennes lors d’une sortie au musée du quai Branly.

Il faut savoir que dans la majorité des sociétés, il y a souvent un des deux genres qui domine (il y a tout de même une valorisation du genre masculin dans 98% des cas).

Nous allons ici nous intéresser à la société des inuits d’Alaska.

  • Tout d’abord, qui sont les Inuits ?

Les Inuits sont une civilisation autochtone vivant en Arctique. Le mot « Inuit » signifie d’ailleurs « peuple » en inuktut, qui est la langue parlée par les Inuits.

Il existe différentes civilisations d’Inuits et les inuits dont nous allons parler sont ceux de la région de l’Alaska.

  • Comment définissent-ils le masculin et le féminin dans leur société ?

Cette société est un peu moins définie/ nette sur la question du genre car il existe trois façons de trouver son genre :

  • Dans le premier cas de figure, le sexe se décide à la naissance. Par exemple, si une personne née du sexe masculin, mais que son entourage a besoin ou veut que ce soit une fille, il considère la personne comme telle, donc ici comme une femme. Le sexe biologique est rétabli à l’adolescence.
  • Dans un deuxième cas de figure, certaines personnes peuvent changer de sexe après leur naissance.
  • Et enfin, dans le troisième cas, l’enfant va naitre biologiquement fille ou garçon, mais il va porter socialement l’identité de ses ancêtres décédés. Ce cas de figure est appelé le « troisième genre ». Par exemple, si dans une famille, la grand-mère vient de mourir et qu’un jeune garçon vient de naitre, on va le considérer comme une fem pour qu’il soit en quelque sorte dans la prolongation de sa grand mère. Il s’agit d’une transformation qui est seulement sociétale, c’est-à-dire qu’elle se fait dans leur façon de s’habiller, dans les activités qu’ils font, etc. Leur genre « initial », étant donc leur genre biologique se rétablit à l’adolescence, lors de la puberté et donc des premières règles.

 

 

YORUBA : UNE SOCIETE RESTREINTE

  • Les Yoruba : de quoi s’agit-il ?

Pour commencer, Yoruba est une ethnie située au sud du Nigéria.

Elle est composée d’autant d’hommes que de femmes, dont des femmes devenues hommes. Il s’agit d’une société matriarcale : en effet, les femmes ménopausées, considérées comme des hommes , sont vues en tant que les sorcières protectrices du village.

  • Le mariage chez les Yoruba

Au niveau marital, aucun des mariages entre Yorubas n’est sentimental : tout d’abord, il y a les femmes-maris, vieilles veuves riches, qui épousent des jeunes femmes pauvres afin de les libérer de la tutelle de l’homme. Mais, tous les biens, tels que les enfants ou encore l’argent perçu par l’épouse reviendront à la femme-mari.

  • Les traditions/religions et leurs conséquences

Même si de nombreux Yoruba sont aujourd’hui chrétiens ou musulmans, des aspects de leur religion traditionnelle subsistent. Notamment les péchés contre la chasteté tels que l’homosexualité sont très punis en Afrique, en particulier chez les hommes qui seront considérés comme des « sous-hommes » comme les hommes violents envers leurs épouses. En effet, la violence faite aux femmes est largement plus encadrée qu’en France, par exemple. Ces deux types de comportement seront punis à travers la lapidation, mise à mort en lancant des pierres car considérés comme anormaux.

Papouasie-Nouvelle-Guinée
La Papouasie-Nouvelle-Guinée est un pays qui se situe à l’Est de l’Océanie, dans ce pays la différenciation des genres y est particulière. En effet à la naissance le nouveau-né est associé au genre féminin qu’elle que soit son genre, on ne nait pas homme on ledevient. On dit que le nouveau-né appartient à sa mère jusqu’à la puberté, alors à l’âge de 13 ans, on arrache l’enfant de sa mère afin que celui-ci devienne un homme. Il va passer alors par une série d’épreuve par le sang et par le sperme, le sang est coulé car selon euxl’homme perd son sang volontairement et non la femme. La cérémonie commence par la scarification de l’enfant qui est réalisé en forme d’écaille de crocodile au niveau du dos, on touche presque la totalité de leur peau ; le strict minimum est laissé. Beaucoup d’enfants succombent à cette scarification par la perte de sang, les Papouasiens pensent que les morts ne sont pas des hommes. Lorsque l’épreuve de sang et fini, on passe à celle du sperme.
Les Touaregs
Nous avons ensuite pu observer une selle de dromadaire appartenant aux nomades Touaregs. Les touaregs sont une ethnie berbère, ils vivent dans le Sahara et ses bordures ( Mali, Mauritanie, Niger, Algérie , Libye ). Ils sont nomades à l’origine mais se sédentarisent. Leur société a un tout autre fonctionnement et met la femme au sommet de la hiérarchie sociale. les peuples touaregs sont nomades et vivent dans des tentes. Tout ce qui touche au foyer est de la responsabilité de la femme et  tout ce qui touche au dehors appartient à l’homme. De ce fait la tente et les enfants appartiennent totalement à la femme et les dromadaires appartiennent aux hommes. La femme a donc beaucoup plus de pouvoir dans le mariage que l’homme, en cas de divorce c’est son mari qui quitte la tente, elle a même le droit à un mari d’une nuit si elle le souhaite. Cette organisation sociale vient du mythe de la création des hommes selon les touaregs, une goutte d’eau serait tombée et se serait scindée en deux. La féminité représentée par la goutte qui s’enfonce dans le sable reste immobile associé à la fertilité, tandis que la partie masculine roule, c’est donc ça qui a défini que tous les éléments qui touchent à l’intérieur du foyer relèvent du domaine de la femme  et que ce qui ce passe à l’extérieur  du foyer est du domaine de l’homme. Le pouvoir chez les touaregs est donc réparti plus ou moins équitablement entre homme et femme cependant le rôle homme est réduit par la sédentarisation. Malgré un rôle féminin en totale opposition au système conventionnel, des sujets tels que l’avortement reste tus.

Les 1ère latinistes

Ikebana à la Maison de la Culture du Japon

Ne cherche pas le muguet encore; entre deux valves de feuilles allongées en coquilles de moules, mystérieusement s’arrondissent ses perles d’un orient vert, d’où coulera l’odeur souveraine…

Colette, Les Vrilles de la vigne, « dernier feu »

Le classe de 1ère 4 a participé ce jeudi 16 mai 2024 à un atelier d’ikebana offert par la Maison de la Culture du Japon.

Le nom de cet art floral peut se traduire par « fleurs vivantes »: il s’agit, selon des règles très précises, d’agencer divers éléments floraux, feuillages, afin de les mettre en valeur. L’esthétique de l’ikebana privilégie le vide, le creux, là où l’art floral occidental se tourne plutôt vers la profusion.Une occasion idéale pour la classe, qui étudie l’oeuvre poétique et surtout bucolique de Colette, de partager son rapport très sensuel à la nature en manipulant des oeillets, du faux bambou, et en créant leur propre composition. 

 

 

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén